Vos « dépenses émotionnelles » compliquent-elles la gestion de vos finances personnelles?

1 Nov 2012
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Vos plus récentes dépenses impulsives sont la goutte qui fait déborder le vase? Vous frôlez le point de non-retour? « Trop tirer rompt la corde », paraîtrait-il. Lorsque l’on force trop les choses, on risque d’avoir de bien mauvaises surprises. Par conséquent, mieux vaut savoir que les émotions ont un impact certain sur la gestion de vos finances personnelles. Premier regard sur le phénomène des « dépenses émotionnelles ».

Un récent sondage confirmait que les achats impulsifs exercent assurément des pressions sur la situation financière des ménages canadiens. L’étude démontrait que la majorité des participants (59%) font des achats impulsifs, que la moitié (52%) regrettent leurs achats après coup et que 43% dépensent parfois plus qu’ils ne gagnent en un mois. Bref, derrière l’envie de magasiner pour se remonter le moral et derrière le désir de se gâter un peu pour se féliciter d’un travail bien accompli se cache… des émotions!

Ces dernières permettraient parfois la prise de meilleures décisions, même à la Bourse. C’est ce que révèle une recherche menée par Lisa Feldman Barrett (Boston College) et Myeong-Gu Seo (Université du Maryland) et publiée dans l’Academy of Management Journal. L’étude suggère que les personnes qui vivent les émotions les plus fortes et qui les interprètent adéquatement seraient celles qui prennent les meilleures décisions à la Bourse. Pour les fins de cette étude, 101 investisseurs ont évalué sur une période de 20 jours leurs émotions dans le cadre d’une simulation boursière.

D’autres facteurs émotifs contribuent plutôt à compliquer la gestion des finances personnelles. Le stress, par exemple, nuit à la qualité des décisions touchant la gestion financière. C’est ce que confirme une étude publiée en 2009 dans la revue Psychological Science par les chercheurs en psychologie Anthony J. Porcelli et Mauricio R. Delgado de l’Université Rutgers. Ces derniers demandaient à des participants de choisir parmi des options financières diverses après les avoir soumis à un stress quelconque, dans l’objectif de démontrer que la pensée rationnelle et délibérée est essentielle lorsque vient le moment de s’occuper de gestion financière.

Dans un autre ordre d’idées, deux professeurs de l’Université Duke (Manju Puri et David Robinson) ont souhaité démontrer les différences qui prévalent entre gens optimistes et extrêmement optimistes pour expliquer l’interaction entre la psychologie, l’économie et le choix d’un mode de vie. Ainsi, et moyenne sont plus susceptibles d’avoir des comportements financiers dits « prudents » alors que ceux qui sont optimistes à l’extrême font des choix économiques « moins avisés ».

Le rapport qu’entretien un individu avec l’argent est aussi révélateur du rôle joué par les émotions en matière de finances personnelles. Les gens avares économiseraient non pas pour s’assurer d’un avenir meilleur mais plutôt parce que dépenser leur serait une expérience émotionnelle trop douloureuse, selon des chercheurs de l’Université du Michigan et de l’Université Carnegie Mellon.

Alors qu’un Québécois sur trois compte sur un gain à la loterie ou un legs important pour établir sa planification financière, et que la pensée magique semble être le moyen retenu par certains pour établir leurs priorités budgétaires, le fait de comprendre le concept de « dépenses émotionnelles » se veut un premier pas pour arriver à bien gérer ses finances personnelles.




DOMINIQUE LAMY
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Publié dans Blogue, Chronique financière

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