Vivez-vous au bord du précipice?

1 Juin 2012

Êtes-vous au bord du précipice, ou plutôt, est-ce que votre situation financière risque de déraper à la moindre prochaine anicroche ?

1) L’arrivée d’une dépense imprévue : Qu’arriverait-il si vous deviez assumer une grosse dépense imprévue ? Est-ce que votre situation financière vous permet de remédier illico à un toit qui coule, à un bris mécanique d’importance sur votre voiture ou à la nécessité de remplacer un électroménager ?
Autrement dit, si l’ajout d’une seule dépense imprévue possède le potentiel pour faire dérailler votre situation financière, c’est le signe que vous devez cesser de reporter à plus tard le renforcement de votre bilan.

2) L’absence d’un chèque de paie : Pourriez-vous vivre sans votre prochain chèque de paie, ou votre prochain dépôt bancaire ? Seriez-vous en mesure d’assumer votre paiement hypothécaire ? De faire l’épicerie sans couper dans l’essentiel ? Devrez-vous alors compter sur votre carte de crédit pour joindre les deux bouts, quitte à n’en payer que le paiement minimum et à défrayer des intérêts élevés ? La plupart des experts s’entendent pour dire que la création d’un fonds d’urgence est une nécessité. Le fait de détenir l’équivalent de 3 à 6 mois de salaire, en encaisse, dans un compte de banque à intérêts élevés, pour palier à l’absence de revenus durant cette période, se veut un grand soulagement en cas d’une telle éventualité. À défaut, le cercle vicieux de l’endettement pourrait se pointer !

3) L’incapacité d’obtenir du crédit : Votre dossier de crédit est-il suffisamment bon pour vous permettre d’obtenir le prêt souhaité ? Le fait de se qualifier pour l’obtention d’une marge de crédit démontre sans doute que vous n’êtes pas au bord du gouffre financier. La capacité d’obtenir du crédit est une bonne chose, mais le danger réside plutôt dans la façon de l’utiliser.

4) Des difficultés à épargner : Une fois toutes vos dépenses assumées, êtes-vous en mesure d’épargner un certain pourcentage de vos revenus à un intervalle régulier ? Êtes-vous en mesure de cotiser à l’occasion et en alternance à votre Compte d’épargne libre d’impôt (CELI), à votre Régime enregistré d’épargne-retraite (REER) et au Régime enregistré d’épargne-études (REEE) de vos enfants ? Si tel n’est pas le cas, vous devez comprendre que votre capacité à épargner est directement reliée à votre capacité à bien doser vos dépenses. En reportant ou en refusant de cotiser à son REER, ou en vous fiant beaucoup trop sur les régimes gouvernementaux, vous risquez de voir votre qualité de vie diminuer à la retraite. Le fait d’activer un virement automatique et périodique entre votre compte courant et ces différents produits financiers est un excellent moyen de « vous payez en premier ».

5) L’absence d’un budget familial : Si vous n’êtes pas en mesure de constater de quelle façon votre argent est dépensé et quel pourcentage de vos revenus est consacré à chaque poste budgétaire, l’heure est venue de vous y mettre. Le fait de bien gérer vos finances personnelles enlève un stress énorme au quotidien, améliorant d’autant votre qualité de vie. Une fois le budget complété et les décisions financières qui lui sont relatives assumées, cessez dès maintenant de vous questionner sur votre capacité à remplir toutes vos obligations financières.

6) La nécessité d’emprunter à ses proches : L’un des signes qui démontre que quelque chose cloche. Votre barque prend l’eau. C’est le temps de colmater les brèches, et rapidement ! Et si nous n’étiez pas en mesure de rembourser à temps votre meilleur ami ? Parce qu’amitié et argent vont rarement de pair, et pour éviter les conflits qu’une telle situation pourrait générer, organisez-vous avant de devoir opter pour cette « solution ».

Ces exemples sont loin d’être exagérés. L’impact de vivre « paie par paie » sans penser plus loin que le bout de son nez est important. Certains décident de vendre la deuxième voiture pour s’en acheter une à moindre coût. D’autres se privent d’une sortie agréable avec leur douce moitié. Certains doivent même opter pour ces deux solutions, combinées ! Les plus pauvres d’entre nous reportons la visite chez le dentiste et chez l’opticien, incapables d’assumer la partie non remboursée par l’assureur. Tristement, certains enfants doivent à l’occasion sauter le déjeuner, le matin venu.

Les gens travaillent comme des défoncés du lundi au vendredi, en tentant de concilier l’ensemble de leurs obligations familiales. Maugréant évidemment sur la hausse du prix de l’essence, mais sans jamais prendre la peine de se peaufiner un véritable plan financier.
Le bord du gouffre, vous dites ?



DOMINIQUE LAMY

Suivez-moi sur Twitter: @domlamy

 

Publié dans Blogue, Chronique financière

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